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.Retour au pays fatal | Wilde.

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OMEGA



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Sam 23 Jan - 13:58

Il reconnaissait l'endroit.
Sans jamais y avoir foulé le sol, sans jamais en avoir respiré les parfums. Il reconnaissait les silhouettes des arbres, les contours des feuillages au-dessus de lui et jusqu'aux couleurs des frondaisons à perte de vue. Il reconnaissait cette luminosité si particulière, d'un pastel suranné, plus spectrale que celle inondant les Cités, comme si les rayons solaires eux-mêmes s'étaient reculés de cette contrée pour la plonger dans une clarté de sous-bois. Et Cendre qui avait cru qu'il ne lui serait jamais offert l'occasion de découvrir cette terre autrement que par les yeux d'un Autre. Tout devenait tellement réel.
Il avait d'abord pensé qu'il rêvait. Que cette fantaisie qu'il contemplait n'était qu'une vaste illusion, une projection de son esprit à partir de ses souvenirs volés, quelque chose comme le décor d'un théâtre intérieur où il s'était retrouvé précipité durant son sommeil. Mais ce n'était pas cela – trop intense, trop véritable pour n'être qu'une chimère. La seconde d'après, il avait songé au retour de son compagnon silencieux, sa résurrection plutôt, et ce spectacle inouï était ce qu'observait cet étranger à ce moment précis, à des lieues et des lieues de distance, alors que son propre corps se tenait toujours quelque part à Nighty City ou ailleurs. Mais ce n'était pas non plus un nouveau tour de passe-vue. Parce qu'il y avait cette foule de bruits et d'odeurs, des pépiements d'oiseaux, le froufrou des herbes, le tracé des sentes animales et le goût des baies sur les bosquets. Parce que sa peau rentrait en contact avec de multiples textures, le rugueux des branches, le moelleux des mousses et le piquant des épines. Parce que lorsqu'il bougeait la tête sa vision changeait en suivant la même perspective ; l'azur en haut, l'humus en bas, les piliers d'écorce tout autour, et puis ses bras qu'il tendait devant lui et qui étaient les siens, il ne saurait s'y méprendre – qui pourrait oublier l'aspect de ses propres bras ? Alors oui, c'était bel et bien lui, là debout au vert milieu de l'inconnu, seul, perdu, et cependant envahi d'un indescriptible sentiment.

Une partie de lui avait peur. Très peur. Il ne s'était pas du tout attendu, en empruntant le portail qui reliait Dust à Hanami pour rendre visite à son ancien tuteur, à subir cette distorsion de l'espace, cette déviation fatale dont il avait entendu naguère des rumeurs sans y prêter attention. L'on s'imagine toujours que les précautions ne sont valables que pour les autres, et Cendre ne s'intéressait pas aux autres. Pas plus qu'aux rumeurs, d'ailleurs. Il s'agissait sans doute d'une farce malheureuse jouée par quelque ingénieur de Nano un peu trop porté sur les bidouilles électroniques. Rien de plus. C'est juste beaucoup moins drôle quand c'est vous qui êtes victime de la plaisanterie. En une poignée de secondes, pas davantage, le cordonnier s'était ainsi retrouvé à l'autre bout du monde, seulement vêtu de ses habits de voyage ; sous le plaid brun mat qui recouvrait sa tunique, il ne possédait qu'une lame d'usage et un jeu de lacets – le souci de se déplacer léger. Aucun moyen de communication et, de toute manière, il doutait que cela lui soit d'une grande utilité dans les environs. D'où son effroi. Si personne ne le retrouvait ici, comment retournerait-il chez lui ? Mais avait-il seulement envie d'y retourner ?

L'autre partie de son cœur, qui apaisait peu à peu sa chamade, ne souhaitait pas rentrer. Pas avant d'avoir trouvé ce qui le taraudait. S'il avait atterri ici, il devait y avoir une raison, une bonne raison qu'il lui fallait exploiter. Ç'aurait été du gâchis de vouloir repartir tout de suite, sans même avoir pris le temps d'explorer enfin et pour de vrai le monde qu'il avait tant de fois admiré de loin. Tout y était neuf, pur. Sauvage. La rivière qui serpentait à deux pas, la sylve qui bruissait au gré du vent, et cette gigantesque falaise, ce mur infranchissable au pied duquel il était tombé et qui le surplombait comme un titan de roche. Inutile d'essayer de grimper là-haut, à moins de chercher à se rompre le cou ; l'à-pic lui donnait le vertige rien qu'en levant le menton. À la place, il entreprit de suivre le cours d'eau, car c'est sur ses berges que se forment le plus souvent les villages, sans savoir s'il était préférable de rencontrer un autre être humain ou non. Après tout, même s'il était presque sûr de savoir où il était, il ignorait si les autochtones seraient ravis de sa présence sur leur territoire – un mouton dans l'enclos des loups, en un sens. Et puis le souci de la nourriture, au cas où il était condamné à rester dans cette forêt plusieurs jours. Et puis le froid. Et les prédateurs. Tous ces périls qu'occultait la sensation diffuse d'être de retour d'exil, de rentrer enfin au pays inconnu et cependant chéri.
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DENIM



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Dim 24 Jan - 14:09




Parce que ton coeur et ton esprit sont coincés entre deux mondes : l'un flotte au dessus de la réalité, l'autre se trouve en dessous de tes pieds

Retour au pays fatal

ft. Wilde & Cendre

Cela aurait pût être une journée banale. Une descente sur Heaven on Earth pour récupérer des ressources pour les cités du ciel. Tout simplement, faire ton travail. Et pourtant, tu soupires, fatigué de la situation.

Les knights qui t'ont accompagné sont débordés. Alors qu'habituellement, ils ne font quasiment rien à parti discuter entre eux, en ces temps-ci ils sont vraiment perdus. Les vétérans s'occupent de donner des ordres aux plus jeunes qui n'ont encore jamais vécu une telle crise. Il faut dire que ce n'était pas prévu. On faisait si confiance aux technologies de Nano. On les utilisait tout les jours, ces portails qui permettent de relier les cités. Et pourtant, une fausse manipulation, une erreur de conception et rien ne se passe comme prévu. Et c'est ainsi, que des Omegas se retrouvent téléportés sur la terre du bas.

Certains ont la chance d'être trouvé sur Heaven on Earth. Ceux là sont donc rapidement mis en sécurité et renvoyés dans leurs cités. Mais d'autres, ne sont pas protégés par le champ de force. Tu as entendu les knights faire leurs rapports. Des Omegas se seraient trouvés au milieu des dinosaures de Death Lands. Evidemment, ils n'en sont pas sortis indemnes : la peur de voir ces créatures les a marqué. Autant vous dire que cela va donner du boulot aux psychologues.

Mais il y a aussi ceux qui rencontrent les Genesis. Alors qu'ils n'en connaissaient pas l'existence. Ce fût un sacré choc pour ceux là de découvrir cette vérité que les autorités n'ont de cesse de cacher à la population. Ce que tu as toujours gardé secret, tel est la condition pour être Denim. Bien sûr, tu n'es pas stupide. Tôt ou tard, tu savais que les Natives ne pourront plus garder le secret.

Assis sur un rocher, tu t'es mis à part du groupe de knights qui devait s'organiser. Tu devais attendre qu'on te coltine l'un d'entre eux pour te garder en sécurité. Tu soupires. Vraiment, est-ce si utile que ça de t'attribuer un chien de garde ? Comme si ici, tu craignais quelque chose ! C'est le protocole Hilde, je n'ai pas vraiment le choix. Oui, mais ils ont bien mieux à faire en ce moment qu'à te surveiller, tu as suffisamment prouvé ton efficacité ! Tu ne me réponds pas, me laissant râler contre ce système idiot. Ah, maudits humains ! Votre stupidité vous perdra !

Un knight te fait signe de venir. Tu te lèves péniblement et approche leur groupe. Que vont-ils te dire cette fois-ci ? « Nous ne sommes pas assez nombreux aujourd'hui, alors que nos supérieurs nous demandent de rechercher en priorité les Omegas. On aura besoin de l'aide des Denims. » Le chef des knights te demande donc de mettre en suspens ton travail pour faire le leur ? « Du coup, faut que je fasse votre job c'est ça ? Soit, je suppose que je n'ai pas le choix de toute façon... » Le chevalier hoche la tête. « Très bien, de toute façon, on connait tes capacités, tu nous seras utile. Si jamais nous n'avons pas le temps de te laisser récupérer des ressources, j'en parlerai aux supérieurs. En principe, il ne devrait rien t'arriver. » Bon au moins, il te rassure. Et puis c'est pas comme si tu ne ramenais rien à chaque descente : avec la force et l'endurance que je t'apporte, tu es bien plus efficace qu'un Denim normal ! Hum Hum, te vante pas trop non plus, c'est certes pratique, mais avoir ta présence constamment dans ma tête n'est pas vraiment une joie. Comme si j'avais eu le choix de vivre dans la tête d'un stupide bipède...

C'est donc suite à cela que vous vous mettez en route. Votre petite équipe se sépare en deux : l'une va vers les Death Lands, et l'autre vers le Great Wall. Tu fais parti de cette dernière. Une destination moins dangereuse que la plaine aux dinosaures. Vous n'êtes plus à l'abri du champ de force et le risque de croiser un Genesis est grand. Ils sont loin d'être accueillants et tu ne sais pas quelle va être leur réaction depuis l'incident des portails. Est-ce qu'ils en profitent pour préparer une attaque contre les Knights ? Il faut dire qu'ils sont nombreux ces temps-ci à circuler sur Terram. L'occasion est presque trop belle pour eux d'affaiblir les forces des cités. Et avec les Omegas qui arrivent sur Genesis, c'est le moment pour eux de sortir de l'ombre et de dévoiler leur existence au monde entier. En soit, cela ne te déplaît pas. Tu as toujours été contre le système mis en place. Pour toi, avoir un pouvoir ne justifie pas la supériorité. Vous êtes humains tout simplement. Je comprends aussi ce point de vue. Votre QI est tout simplement équivalent et j'ai toujours considéré les êtres avec des pieds comme égaux. Ta façon de penser n'est pas très intelligente. Pff, tu peux dire ce que tu veux, ce que je dis est vrai. Et un cheval n'a jamais été considéré comme plus intelligent qu'un humain. Ah ah, c'est juste qu'on parle pas la même langue, on peut pas se comprendre. Vous croyez que votre façon de communiquer est supérieure à la notre. Vous avez certes plus de mots pour parler, mais n'est-ce pas un moyen de cacher par des subterfuges votre manque cruel d'intelligence ? Nous n'avons pas besoin de mots pour comprendre ce que l'un des nôtres ressent. Ok, on va s'arrêter là Hilde, tu commences à dire n'importe quoi. Ah, si seulement j'étais dans un corps physique et je mettrai un coup de sabot dans ta face.

Votre petite équipe s'arrête. Un knight propose de se séparer pour élargir le champ de recherche. « Et puis il n'y a aucun danger, cela fait un moment qu'on marche sans que rien de suspect ne se montre. Mais par mesure de sécurité, je vais te donner un feu d'alerte. Active le en cas de problème. On rappliquera aussitôt. Si tu trouves un Omega, contacte moi par Holorift. On se retrouve ici dans une heure. » Tu hoches la tête en signe d'acquiescement. Vous vous échanger vos coordonnées d'holorift avant de vous séparer. Tu es enfin seul... bon peut-être pas enfin. Finalement, avoir un knight près de toi te rassure. En dehors du champ de force, tout peut arriver. As-tu de quoi te défendre ? Par réflexe, tu fouilles tes poches... vides. Tu n'as pas d'armes ! Il ne t'ont rien donné ! D'un côté, tu ne sais pas te servir d'un pistolet, et en avoir un avec toi ne te rassurerait pas forcément. Bon tant pis, tu as tes jambes, tu sais courir au moins !

Tu marches vers le mur. Au moins, tu sais qu'en le longeant tu as un côté sécurisé. Rien ne peut escalader ce mur ni même se trouver en haut de celui-ci. Du moins en théorie. Tu regardes le point culminant du Great Wall. La pente est terriblement abrupte et le sommet tellement haut. Vraiment, il faudrait être surhumain pour y arriver, avec pouvoir ou non ! Cela te donne le vertige et tu préfères garder ton regard droit devant toi. Soudain, une silhouette se dessine. L'individu semble être seul. Sûrement un Omega. Pour en avoir le coeur net, tu coures dans sa direction. Plus vite tu l'auras trouvé, plus vite il sera mis en sécurité. Tu ralentis ton pas de course lorsque tu reconnais la personne qui a atterri là. « Cendre ! Qu'est-ce que tu fais là ? » Cette question était stupide. Il n'y a pas trente six moyens d'arriver là pour un Omega. Tu arrives à sa hauteur. « Ca va ? Il ne t'est rien arrivé ? » Tu es inquiet pour ton ami. Tu n'aurais jamais pensé le voir ici. Ce problème avec les portails te semblait quand même rare et tu n'aurais jamais imaginé que l'un de tes proches puisse se trouver sur Terram...


(c) anglycanne




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Lun 25 Jan - 22:05

Il ignorait depuis combien de temps il marchait dans ce bois, ses semelles froissant les herbes et les feuilles mortes déposées là depuis des siècles au moins ; la pente était douce le long de la rivière, sans aucun sentier dessiné par le pied humain, et Cendre allait au fil de ses méandres, contournant parfois un buisson trop épais, enjambant un tronc humide où croissaient des champignons roussâtres aussi larges que des chapeaux, les sens aux aguets mais sans méfiance, naïf juste. Les mains avides de frôler la végétation, il se déplaçait comme un animal élevé en cage et qui, soudain, se trouve relâché dans la nature qui aurait dû le voir naître. Quelque part, il lui semblait qu'il devait réapprendre comment mettre une jambe devant l'autre, comme respirer un oxygène qui n'était pas le sien, comment vivre sur ce territoire qui ne possédait aucune existence pour beaucoup d'habitants des Cités, et qui aurait pu demeurer encore longtemps un simple rêve à ses yeux. Merci le dysfonctionnement des portails. Il avait même eu de la chance à l'arrivée, car il se doutait que les autres personnes ayant subi ce genre de téléportation inopportune n'avaient peut-être pas toutes atterri en un lieu aussi paisible, loin d'une quelconque trace de civilisation, et au sol. Parce qu'il imaginait les éventuels malheureux relâchés dans les montagnes de Snowflake, le Sahara de Dust ou pire, l'entre-deux séparant les îles du globe terrestre, cette immensité de vide où la gravité ne tardait pas à nous rappeler violemment à elle. Et pour qui ne jouissait pas d'un don de lévitation ou d'invulnérabilité, la chute serait sans aucun doute fatale. Cendre eut une pensée furtive pour les nouveaux-nés que l'on balançait du haut des huit mondes, pensée sordide qui le fit frissonner. Il ne devait pas songer à cela. Avancer, juste avancer, c'était tout ce qui importait.

Au fur et à mesure de sa progression, uniquement guidé par le chuintement de l'eau non loin et l'inclinaison à peine perceptible du terrain, le cordonnier réfléchissait à ce qu'il ferait si jamais il tombait nez à nez avec un natif de Genesis. Aurait-il à se défendre d'une attaque en traître ou bien à hisser le foulard blanc en signe de paix ? Il ne souhaitait surtout pas qu'on le prît pour un rôdeur sans scrupule, mais lui laisserait-on ne serait-ce que le temps de s'expliquer sur sa présence ? Cependant qu'il réfléchissait à ces considérations, expérimentant en silence les meilleures manières de réagir face à un étranger, il ne prêtait guère attention aux bruits dans les fourrés autour de lui, ces murmures de taillis qui se mêlaient à ses propres pas. Il était trop tard lorsque enfin il prit conscience qu'il n'était plus seul. Que quelqu'un l'avait découvert. Qu'il vivait peut-être ses derniers instants. Quoique. Entendu le peu de discrétion de l'individu, l'agression par surprise ne paraissait pas au programme et, en effet, il fut le premier stupéfiait de capter son nom, peu avant de discerner une tête blonde qui venait dans sa direction.
« Wilde ! » répondit-il à la suite, ravalant de justesse une question identique. L'étonnement de rencontrer son ami en une région aussi déserte se couplait à un léger soulagement, comme s'il avait vraiment cru qu'on lui tomberait dessus afin de l'égorger. Les forêts sont remplies de coupe-jarrets selon les légendes, sauf qu'à moins d'avoir abusé de psychotropes, Wilde n'était pas du genre grand méchant loup. Grand gentil poney, plutôt. Et la nuance inquiète dans sa voix trahissait cette attention à l'égard du brun, qui lui répondit une fois en face de lui. « Il y a eu un souci avec les portails, je crois. Mais je vais bien, ne t'en fais pas. » Pour appuyer ses dires, il leva les bras sur les côtés, signe qu'il bougeait sans mal et qu'il ne s'était pas blessé – nulle flaque de sang à signaler. Enfin, il le supposait, puisqu'il n'avait ressenti aucun élan douloureux jusqu'à présent. Il l'aurait su, si jamais il s'était fêlé une côte ou foulé la cheville.

Il n'eut pas besoin de se creuser la cervelle pour comprendre pourquoi son ami se trouvait là, en solitaire de surcroît, si loin des zones de culture délimitées par le champ de force. En temps normal, il n'aurait même pas dû franchir le bouclier protecteur. « C'est arrivé à d'autres et les Knights t'ont demandé de leur prêter main forte pour les rechercher ? » C'était moins une interrogation qu'une hypothèse, car l'Omega se doutait bien que c'était là l'unique justification à sa présence. Or, même s'il était content d'avoir été déniché par son compagnon d'enfance et non par un chevalier moins compréhensif, presque buté, qui ne risquait pas d'écouter ses protestations, Cendre ne voulait pas le suivre vers le lieu de rassemblement, à l'instar d'un mouton égaré. Il ne voulait pas repartir, pas davantage que d'empêcher le blond d'accomplir sa mission. Dilemme. « Je ne rentrerai pas, Wilde. Du moins pas tout de suite. Il y en a peut-être qui sont en danger ou blessés ; tu devrais plutôt aller aider ceux-là. » Ou comment suggérer gentiment de faire comme s'ils ne s'étaient pas croisés. Pas sûr que cela fonctionne, néanmoins.
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Mar 26 Jan - 17:19




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ft. Wilde & Cendre

Voir ton ami en bonne santé te rassure. Tu soupires de soulagement, te détendant malgré votre présence en lieu hostile. En effet, en dehors du champ de force, rien n'empêche un groupe de chasseurs de Denim de vous attaquer, ou un Génésis isolé de vous observer et d'appeler en renfort d'autres de ses semblables... Pourtant, tu ne penses rien de tout ça. Tout ce qui t'importe c'est de savoir ton ami, avec toi. Tu voulais expliquer ta présence ici, mais Cendre te prend de court. Tu te demandes comment il a fait pour le deviner, mais en y réfléchissant, il n'y a pas trente six mille raison pour que tu sois en dehors du champ de force. Et avec le dysfonctionnement des portails, cette explication était bien sûr la plus plausible. « Et bien, oui, c'est exactement ça. » Tu soupires. « On est obligé de faire leur boulot maintenant. » Comme s'ils en avaient de base tiens. Arrête, on peut pas savoir ce qu'ils font, c'est peut-être dur le métier de knight. T'en penses pas un seul mot. Toi aussi tu les vois flâner pendant que vous récupérer des ressources. Alors, t'appelles ça difficile le boulot de knight ?

Tu allais lui demander de le suivre, mais il te réponds avant. Tu l’écoutes sérieusement. Tu t'en doutais un peu. Avec les discussions que vous avez souvent au sujet de Terram, tu sais que ton ami rêvait d'aller en bas. Comme toi, il peut voir cette terre via un autre point de vue, à savoir la vision d'un autre. Toi c'était moi, et lui c'est un autre. Un illustre inconnu. Tu lui décris le plus possible tes descentes sur Heaven on Earth, tu sais que ça lui fait plaisir. Tu sais qu'au fond de lui, il rêvait de descendre. Mais en attendant ce jour, il allait sur Genesis via tes récits.

Et maintenant ? Il est là, sur Terre. C'est le jour qu'il attendait avec impatience. Que vas-tu lui répondre, à ton ami qui réalise un rêve qu'il a depuis longtemps ? Tu es déchiré entre la raison et ton coeur. La première t'incite à lui prendre le bras et à le tirer vers le point de rendez-vous, le second te demande de faire ce qu'il dit, à savoir le laisser et faire comme si tu ne l'avais pas vu. Non, aucune de ces deux alternatives ne te convient. Tu veux à la fois faire plaisir à Cendre tout en le sachant en sécurité. « Bon écoute, je sais que je ne vais pas te convaincre de venir rejoindre les knights avec moi, je n'y arriverai pas. » Tu soupires, conscient de ta faiblesse. Tu lèves les yeux vers lui et lui lance un regard dur. « Par contre je refuse de te laisser seul ici. Alors si tu as envie de rester là, je t'accompagne. » De toute façon, il n'a pas d'autre choix que d'accepter. Tu ne le laisseras pas ici, sans moyen de défense ou de fuite. Avec toi à ses côtés, il a au moins une chance de s'en sortir.


(c) anglycanne


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Jeu 28 Jan - 15:24

Sans doute que Wilde s'y opposerait. On ne devenait pas Denim sans un minimum de responsabilité et de conscience du danger quant à la vie sur Terram. Quoique, même pour eux les expéditions sur la Terre oubliée demeuraient encadrées par les murailles magiques, et jusqu'à présent il était rare qu'on les envoyât en dehors du champ de force pour crapahuter au gré des régions, par pur esprit de vagabondage. Cendre se souvenait trop bien des récits de son ami pour considérer qu'explorer ce monde était simple comme bonjour ; il fallait faire partie des plus aguerris des soldats pour espérer obtenir une autorisation, et encore, les royautés jalousaient trop leur puissance pour dispenser ces licences n'importe comment. Alors ? Alors il se sentait de plus en plus chanceux de n'avoir pas dû suivre l'entraînement des Knights pour se trouver là aujourd'hui, libre de ses mouvements, anonyme parmi les arbres, invisible pour le reste de l'humanité. Il ne pouvait pas ne pas en profiter. L'occasion ne se représenterait peut-être plus jamais après cela, et s'il remontait maintenant, si on ne lui laissait pas cette possibilité unique de voir de son propre œil ce qu'il avait tant de fois observé par le biais d'un autre, il en serait anéanti. Les regrets le dévoreraient jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien de lui, un morceau de néant, une silhouette vide, désespérément vide, pire qu'aujourd'hui. Mais est-ce que Wilde serait à même de comprendre cette nécessité-là ? Cendre baissa le front. Ce n'était pas un caprice de sa part – c'était une exigence de survie. Une contrainte vitale. Rien de plus.

Or, Wilde savait. Il savait l'importance que cette terre revêtait dans le cœur du cordonnier, il savait sa signification, son poids. Ce n'était pas une légende stupide, un de ces mythes écrits dans les livres qui font le bonheur des enfants pendant qu'ils sont petits, avant qu'ils ne deviennent adultes et n'y croient plus. Depuis le début Luwen savait qu'il existait autre chose là-bas, des femmes et des hommes comme eux, identiques dans leurs différences, et qu'aucune propagande des Cités ne pourraient en effacer les richesses. Il savait, et jamais Wilde n'avait tenté de le tromper sur ce sujet en lui faisant adopter un point de vue plus confortable, plus sécuritaire, en lui racontant des horreurs ou des récits qui lui aurait fait changer d'avis. Et pour cette sincérité, pour cette franchise qui existait entre eux, Cendre ne le remercierait jamais assez. En réponse au dépit de son compagnon, il sourit néanmoins, à peine, car sa détermination venait d'être cernée. Ils se connaissaient trop bien. Le forcerait-on dès lors à rejoindre le rang ? Son ami le trahirait-il, caché derrière une fausse résignation ? Non, il n'osait y songer. Et même si celui-ci le regardait avec sévérité, lucide sur le privilège qu'il lui accordait en ne le dénonçant pas, l'Omega eut du mal à accepter le compromis. « Tu prends des risques à cause de moi... Si les gardes apprennent que tu m'as accompagné au lieu de me ramener, tu pourrais perdre ta place. » Ou quelque chose du genre, il ne saisit guère les subtilités du pouvoir – quand bien même dans tout domaine, la dérogation à ses devoirs est le plus souvent suivie d'une sanction typique. Cependant, Wilde avait dû y réfléchir tandis qu'il posait ses conditions et son consensus prenait sûrement compte de cette menace. De toute manière, il serait impossible de lui faire changer d'avis, à lui aussi. Allez ordonner à un poney de se comporter sagement ! Ces bêtes-là n'en font qu'à leur tête.

« Accompagne-moi alors, si tu préfères. Ce sera mieux à deux, et puis tu seras meilleur guide. » Une lueur de malice glissa dans le dernier mot, noyée sous le sous-entendu des périls qui les attendaient. Cela dit, à cœur vaillant rien d'impossible, alors avec leurs deux cœurs vaillants, ils pouvaient d'ores et déjà coloniser la Lune. Au moins. D'ailleurs, Cendre était déjà reparti, le pied leste, presque intrépide. La présence de Wilde à ses côtés l'enthousiasmait, non seulement parce qu'il ne risquait plus d'être dévoré par les loups au fond d'un précipice dans l'ignorance de tous, mais surtout parce que son acolyte, du temps où ils se côtoyaient à Hanami ou sur une autre île, ne s'était jamais montré avare de détails sur les beautés de Genesis. Maintenant qu'ils s'y trouvaient tous deux, les mots dont il avait pris soin pour décrire l'environnement faisaient un écho parfait avec ce qui s'épanouissait autour d'eux, un paysage verbal qui n'avait désormais plus besoin de lettres pour s'exprimer. L'Omega en fit d'ailleurs la remarque : « Tu sais, je t'ai tellement écouté me parler d'ici que je craignais presque de venir. Je l'ai tellement vu que je croyais que je ne découvrirais pas grand-chose de plus. Que ce que j'aimais plutôt, c'était que tu me racontes tes voyages ou bien regarder la vie d'un autre pour échapper à la mienne. Je me disais parfois, c'est juste une illusion, cela n'existe pas. Mais ce n'est pas vrai. C'est là, tout autour – ses bras se levèrent pour embrasser l'espace – et c'est grandiose. Vraiment grandiose. » Pour un peu, il aurait crié. Il aurait couru dans les bois, traversé les rivières et parcouru les plaines, insouciant comme un animal, célébrant ce retour à la Terre-mère après vingt-quatre ans d'emprisonnement. Mais il se retint. Il se retint et dans sa voix, malgré le ravissement, s'écoula une infinie tristesse.
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Sam 30 Jan - 17:41




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Retour au pays fatal

ft. Wilde & Cendre

C'est sûr, tu prends des risques. Les knights t'ont accordé une certaine confiance pour sauver les Omegas présents sur Terram. Et là, tu fais le contraire de ce qu'ils t'ont demandé. Tu vas accompagner ton ami vers le danger, tu vas le guider sur cette terre hostile. Mais comment lui refuser cela ? Il semble si heureux d'être ici, de voir par ses propres yeux et non via celui d'un autre, ce monde qui était au coeur de ses pensées. Tu ne peux que le comprendre. A sa place, tu aurais été dans le même état. Emerveillé par la grandeur de Genesis. Tu étais comme ça la première que tu es descendu, quand tu étais un simple apprenti Denim. Tu avais la sensation de retomber en enfance, découvrant un monde tout nouveau pour toi. Tu souris. Tu es content que ton ami ressente la même chose. Que ses illusions soient brisées et qu'il voit la beauté de la réalité. Tu avais essayé d'être le plus clair possible dans tes récits tout en essayant d'être le plus réaliste possible. Tu lui parlais de toutes tes aventures, les revivant, même les plus dangereuses. Mais le danger n'existe pas dans ce moment. Du moins, n'existe plus. Car tu sais que tôt ou tard, cet instant de répit ne sera plus.

« T'en fais pas pour moi, les Denims sont trop précieux pour être renvoyés comme ça, on n'est pas si nombreux que ça. A ton avis, pourquoi on est payé autant ? C'est pour nous attirer. » Tu le dis sur le ton de la plaisanterie, mais tes paroles disent la vérité. Vous êtes protégés par la royauté, toi et tes collègues. La société dépend tellement de vous que pour vous remercier, les nobles n'hésitent pas à bien vous payer. Vous êtes indispensables et pourtant, votre travail attire très peu de monde. C'est bien connu : Denim, c'est physique, barbant, épuisant... Enfin pas pour toi. Tout ce qui est manuel te dérange très peu. Tu es plus fort et endurant que la moyenne après tout. Mais le plus gros problème au manque de personnel, c'est la peur du monde d'en bas. C'est l'ancien monde, le grand inconnu et l'univers du danger. C'est aussi la poubelle, là où l'on jette les sans-pouvoirs, dans l'espoir qu'ils disparaissent... Non, tu ne dois plus penser à ça. Tu regardes ton ami. Il n'a jamais eu peur de descendre, et le voilà ici, heureux. « J'essayerai de faire le meilleur guide possible, faut juste que Hilde soit de bonne humeur pour m'aider un peu... » Tu te frottes l'arrière du crâne, gêné. Oy petit homme, qu'est-ce que tu insinues ? Bah tu t'énerves souvent pour un rien, t'es assez bourru quand même. Là, je vais vraiment m'énerver... J'étais plutôt calme en ce moment d'ailleurs, pourquoi tu cherches à me mettre de mauvaise humeur ? Désolé, vraiment désolé... Ne m'en veux pas hein ? Qui aimes bien châtie bien non ? Mouais mouais, rattrape toi avec ce proverbe d'imbécile... Tu reprends ton sérieux. « Par contre, les Knights m'ont laissé une heure avant de rejoindre le point de rendez-vous, il va falloir faire vite avant qu'ils ne m'assaillent d'appels par holorift... »


(c) anglycanne


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