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L'élève dépassera le maître... ou pas [With Lemon ~]

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DENIM



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Dim 11 Oct - 13:48


-Assez ! J'en ai assez de lui ! Skylstad n'est qu'un incompétent ! Je refuse de m'emmerder plus avec lui, donnez lui un autre instructeur, ou virez-le, bon sang ! Vous voyez bien qu'il n'est pas fait pour ces missions !

Son nouvel instructeur venait de taper du poing sur la table du bureau de leur supérieur. Assis sur la deuxième chaise en face de la grande table en bois ciré, Ismaël avait levé très subtilement un de ses sourcils blonds, ayant sursauté un peu face à tant de violence contre cette pauvre table. Il se disait que cette dernière n'avait pas mérité un tel déchaînement. Et qu'un des nuages, dehors, avait une jolie forme. Une forme de... hm... oh ! D'oiseau. De liberté. Ismaël laissa échapper un petit sourire rêveur. Il aimait bien le concept. Son regard se porta ensuite sur le doigt accusateur brusquement pointé à sa gauche.

-Là ! Voyez ?! Regardez son sourire béat ! Comment vous voulez faire quoi que ce soit de ce type ?!

Le supérieur, le menton posé sur ses mains croisées, semblait réfléchir, les yeux fermés. La mâchoire tendue. En fait, ce n'était pas seulement cette partie de son corps, mais tout son être qui semblait l'être. Et l'homme avait de bonnes raisons pour cela: ce jeune homme commençait à poser de sérieux problèmes. Deux instructeurs avaient démissionné de leurs rôles en l'espace d'un mois. Ça allait devenir un record chez les Denims, si ça continuait... Mais il hésitait encore à virer le jeune rêveur, car ses pouvoirs pouvaient être intéressant en cas de danger sur Genesis. Leurrer les ennemis mécontents avec des illusions pouvait être très bénéfique pour l'avenir. Car les Denims avaient senti un vent de mécontentement massif chez les quelques sans pouvoirs qu'ils avaient croisé. Et personne ne semblait les croire dans cette cage dorée qu'était l'univers des Omegas. De toute manière, leurs missions en elles-mêmes étaient périlleuses. Alors autant mettre toutes les chances de leur côté. Il avait donc du mal à l'idée de l'écarter d'un potentiel rôle. Le supérieur soupira et ouvrit les yeux, fixant tour à tour ses deux subalternes.

-... Très bien. Je vais lui trouver quelqu'un d'autre. Vous pouvez disposer.

Ismaël commença à se lever, mais fut retenu par son chef. Il se rassit et le regarda, l'air vaguement interrogateur.

-Skylstad. Dernière chance, dernier instructeur. Si le prochain décide aussi d'abandonner ton entraînement, tu perdras ton statut de Denim.

Le jeune illusionniste hocha un peu la tête. Ben mince. Il allait être mal s'il échouait avant même d'avoir pu descendre en bas, sur Genesis. Son patron ouvrit un tiroir et trifouilla dans ses papiers, avant de prendre une fiche, et de ranger les autres. Il l'examina attentivement, avant de poser son regard sur son subalterne.

-... Yemon Iga remplira ce rôle. Je lui enverrais un courrier pour le tenir au courant, mais c'est à toi d'aller le contacter, donc essaie de prendre contact avec lui à cette adresse. N'oublie pas, sinon c'est la porte. Allez, tu peux y aller, et que je ne te revoies plus avant ta première expédition.
-Bien. Je le ferais.

Le boss lui passa un petit papier avec le nom du prochain mentor, ainsi que son adresse. Ismaël le rangea dans la poche de son pantalon et quitta le bureau, pour enfin sortir de l'immeuble et rentrer chez lui... pour s'étaler dans son lit avec un profond soupir. La vie, c'était pas si simple qu'il le pensait. A chaque fois qu'il se retrouvait face à un obstacle, il se faisait cette réflexion. Il regarda enfin l'heure. Puis soupira de nouveau. Il devait aller travailler à la librairie. Le jeune rêveur eut l'idée de créer une illusion de lui allant au travail à sa place. Mais il se souvint qu'il était incapable de la faire durer très longtemps, et que le propriétaire de la vieille librairie ne serait pas dupe, puisque ces dernières n'avaient aucune consistance physique. Ça se verrait à dix kilomètres, de toute manière.

* * *

Un mois. Presque un mois qu'il allait travailler à la librairie, et se reposait un peu partout dans la ville. Il avait oublié un détail, que Petite Braise se fit le plaisir de lui rappeler, un beau jour de pluie habituelle lors des saisons qui s'y prêtaient. Le jeune homme paressait sur un banc, ayant trop la flemme de rentrer chez lui pour s'abriter de la ces maudites gouttes d'eau.

-... Dis, Ismaël ?
-Hm ?
-T'as pas oublié un truc, à tout hasard ?
-J'ai encore oublié de fermer la porte de mon appartement ?
-Non, pour une fois... Je te parlais de ta fonction de Denim. T'avais pas un nouveau mentor ?

Un nouveau mentor... Mais de quoi est-ce qu'il parl...

-... Oh.

Ah oui. Il se disait bien que quelque chose clochait depuis un mois, qu'un truc essentiel lui avait échappé. Ismaël, pensif, se dit qu'il ferait bien de se remuer, sinon il n'allait jamais pouvoir atteindre son but, qui était, éventuellement, de trouver son ami perdu sur Genesis. Il le retrouverait. Il devait être là-bas, et attendait qu'il vienne le chercher... N'importe qui trouverait ce raisonnement pire que naïf, mais Ismaël, lui, trouvait que ça avait du sens. C'était une forme de déni de sa part. Il se refusait de penser qu'il ne retrouverait jamais son seul et unique ami, ou pire, que ce dernier était mort. Potentiellement mort. L'expression douloureuse, Ismaël refit face à la réalité et se leva presque brusquement, sous les regards très étonnés des passants qui étaient, contrairement à lui, abrités d'un parapluie, et ne risquaient pas un rhume carabiné.

Plus déterminé que jamais, il retourna chez lui, jeta au feu les lettres envoyées par les Denims qui voulaient probablement avoir de ses nouvelles. Il mit environ une demi heure à retrouver le bout de papier où étaient notés nom et adresse du futur mentor, au milieu d'une grande liasse de papiers en bazar, sans compter le fait que ce petit bout de papier s'était retrouvé illisible d'un côté, puisque notre cher jeune homme tête en l'air y avait renversé un peu de thé par inadvertance quelques jours plus tôt, lorsqu'il rédigeait une sorte de conte pour enfant pour son futur recueil. Il plissa les yeux pour essayer de comprendre ce qu'il lisait... L... mon ... Iga... ? Lemon... ? Pensant être parvenu à déchiffrer, le jeune homme alla chercher du papier à lettre, de quoi écrire, et rédigea ceci:

" Cher Lemon Yga,
Bonjour. Bonsoir. Bonne journée ?
Je vous envoie cette lettre, parce qu'on m'a dit que vous seriez peut-être apte à m'entraîner pour ma future expédition sur Genesis.
L'êtes-vous ? Ne l'êtes-vous pas ? Je me suis posé la question.
Puis je me suis souvenu que je ne vous connaissais pas.
Mais ce n'est pas grave.

Merci de votre attention,
Ismaël Skylstad. "

Parfait... c'était ce que pensait le jeune excentrique, fier de lui. Tandis que la narratrice se demandait quelle tête allait faire le destinataire lorsqu'il verrait cette lettre quand même bien étrange. Enfin, Ismaël l'avait envoyée le lendemain... pour ne pas recevoir de réponse au bout d'une semaine, ce qui l'étonna grandement. S'était-il trompé d'adresse ? Ou sa lettre s'était tout simplement perdue ? Le jeune homme avait donc retenté d'envoyer d'autres lettres. Au bout de deux semaines, il commença à se faire du soucis pour son destinataire. Avait-il des problèmes ? Ou peut-être qu'il avait déménagé ? Vraiment curieux, Ismaël prit un jour de congé à la librairie et se prépara à voyager jusqu'à Esquisse, la ville de résidence de ce mentor apparemment invisible, pour en avoir le cœur net.

* * *

Esquisse était... divertissante. Etonnante. Ismaël, qui n'y avait encore jamais mis les pieds, avait eu des étoiles dans les yeux. On lui avait dit que ses habitants étaient faits de papier. Que tout y était fait de cette matière, hormis les visiteurs, bien entendu. Si lui, il était constitué de papier, il l'aurait su, non ? Pas qu'il n'avait pas douté de cette certitude pendant quelques instants. Il verrait bien en quittant la ville. L'illusionniste parcourut les rues de cette charmante cité -qui en rendrait mal à l'aise plus d'un, probablement- ... non sans se perdre à plusieurs reprise. Jusqu'à ce qu'il trouve enfin le lieu d'habitation ce fameux Lemon. Il se racla la gorge pour se donner un peu de contenance et frappa à la porte. Plusieurs fois.

-Il y a quelqu'un ? Iga... ? Lemon Iga ?

Petite Braise lui conseilla d'attendre un peu.
Ce qu'il fit, le regard vague.

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DENIM



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Mar 13 Oct - 18:24

« Le bruit fait

taire la peine ! »


▬ 'tain … arrête de courir partout, je vais finir par perdre la tête !

S'il ne l'avait pas déjà perdu. On n'était sûr de rien avec ce type. En tout cas, il était encore là à essayer de survivre au milieu de tout ce … brouhaha. Oui c'est cela, un bordel, du bruit, un tintamare pas possible. Appelez comme vous voulez. Mais cet environnement qu'il devait vivre chaque jour depuis plusieurs mois. Cette maison aux mille vacarmes, pourtant si discrète au cœur du quartier. Dans cette bâtisse où s'entassaient six personnes. Une mère, ses quatre fils et sa fille. L'origine de tout cela ? Deux jeunes garçons qui courent autour de la table du salon où une enfant aux cheveux attachés semblent travailler sur sa langue maternelle. Concentrée, elle fait apparaitre un sourire un autre des frères assis dans un vieux fauteuil qui pleure ses jeunes années où le tissu avait encore une couleur vive. Pendant ce temps, des bruis de vaisselles font penser que la mère est occupé à terminer le repas du midi en nettoyant les récipients et couverts de tous ceux qu'elle a du nourrir aujourd'hui encore. Soudain notre héros de roman écrase toutes les autres bruits de sa voix fâchée :

▬ Laisse la travailler, elle sera moins débile que vous tous là !

Hurle le borgne aux enfants qui courraient autour de la table. Pires que des lapins ces gamins. Chess n'avait pas de patience aujourd'hui et voir ses frères courir partout commençait sérieusement à lui crêper un chignon asiatique sur la tête.

▬ T'es toujours de son côté t'façon…

Grogne le plus jeune des frères, sans doute jaloux de l'amour de Yemon pour sa sœur.

▬ Oui parce qu'elle au moins, elle est intelligente.

Un coup de pied. Le vilain garnement, haut comme trois pommes, venait de lui envoyer son pied dans le mollet. Yemon laisse une grimace s'afficher sur son visage. Quels sales gosses. Mais bon, ce sont ses frères. Il n'y peut rien. Il était sans doute comme ça avant. Hein maman ? Alors Chess se contente d'ébouriffer les cheveux de ses frères et continue d'aider sa mère à ranger le salon. Et puis c'est arrivé. Quelqu'un est arrivé. Toc toc. On frappe à la porte. Un bruit. Un nouveau. Un autre bruit qui s'ajoute à la longue liste des bruits qui commençaient à lui donner un sérieux mal de crâne. Qu'est ce que c'était encore ?

▬ Si c'est encore ce tas de papier froissé, je vais finir par le foutre au feu, moi !

Une voix hurle. Une voix féminine d'une femme fragile. Ma mère. Elle me dit d'aller ouvrir avant de dire que je vais tuer quelqu'un. Je soupire. Elle a toujours raison comme d'habitude. Cette femme qui n'a pas eu la vie facile et à qui j'ai fait des misères malgré tout. Aujourd'hui encore, je ferai l'effort de lui obéir. Je l'aiderai pour toujours. Je l'écouterais à jamais.

Alors il va lui ouvrir. Il tourne la tourne serrure de métal et la tire vers lui. Devant lui se tient un frêle jeune homme dans un ensemble vestimentaire plutôt original. Décidément dans ce monde, la mode n'avait aucun code. Des cheveux blonds. Un inconnu. En tout cas, pas ce râleur de voisin qui hurlait que si on avait une famille, ça voulait pas forcément dire que chacun de ses membres devait vivre dans le même habitacle. Il est marrant lui. Qu'est-ce qu'il en sait ? Qu'est ce qu'il sait de la vie de ceux qui sont de l'autre côté de la rue ? Quoi qu'il en soit, le borgne reluque le nouvel arrivant. Pas très poli, mais tant pis. L'analyse reste la meilleure manière, la première en tout cas, de cerner quelqu'un. C'est donc tout naturellement à ce moment que notre héros de roman s'est souvenu. Souvenir d'un petit morceau de papier particulièrement original. Une lettre. Lettre qu'il avait reçu il a déjà quelques semaines. Cela fait quoi, deux ? Trois semaines ? Il ne sait pas et à vrai dire… il s'en moque. Pourquoi une haine pareille ? Son nom. Notre blond au bandeau avait fait croire que le destinataire n'avait jamais reçu cette lettre. Cruel menteur. Le reste de la lettre ? Pas vraiment les formes. Pars vraiment motivée. Le borgne dépressif n'y avait pas vraiment fait attention. Il était pas de ceux qui jugeaient aux premiers abords, et certainement pas avec l'écriture. Alors il n'avait relevé que l'erreur. Mais au moins le voilà qui avait face à lui, le rebelle Denim qui « foutait que dalle », d'après ses directeurs. Tiens donc. Oui, cela devait être lui. Yemon a un mauvais rictus. Bien. Il avait au moins eu le cran de venir jusqu'ici. C'était déjà une première étape de validé... tant pis si c'était sur demande de ses patrons.

Ce jour là ? Il avait, bien évidement, été bienvei... non. Le futur entraineur s'était contenté de dire bonjour, juste parce que c'est la moindre des politesse, lui avait rappelé son vrai prénom en insistant sur la première sonorité et avait demandé l'adresse de son nouvel élève avant de fermer la porte après avoir hurlé qu'il viendrait à Flow.

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Nous y voilà. Quelques jours après la première venue surprise du blond, dont il ne connaissait que le nom, son impression première et son futur boulot... s'il arrivait à valider les bases que s'était fixé Yemon. Non. Ce n'était pas un professeur qualité. A vrai dire, il en avait même rien à faire que ce jeune homme puisse devenir Denim ou autre. Mais, il avait tout de même réfléchi à la bonne réalisation de sa mission. Lui ne devait pas échouer. Pour une fois, on lui avait autorisé de ne pas descendre sur Genesis à condition de remettre un inconnu dans le rang et leur donner confirmation qu'il peut ou ne peut pas devenir un de ces esclaves qui vont chercher les ressources premières sur l'ancienne terre. C'est donc sans soupirer qu'il était en train de se diriger vers les transporteurs d'Esquisse. Il allait sortir. Pour la première fois, le borgne allait aller sur une nouvelle île. Surprenant que ce peureux et parfois feignant, parvienne à prendre le cap sur l'inconnu. Craignait-il autant les dirigeants d'Esquisse ? Sans doute.

Mais ne le jugeons pas trop vite. Le voilà qui venait de poser le premier pas sur le sol de Flow. L'homme inspire, ferme les yeux et se laisse bousculer par les passants pressés. *On commence à être trop nombreux sur ces îles* se dit le blond alors qu'il reprend une marche lente vers l'extérieur. Alors. A quoi peut bien ressembler cette île ? Il plisse d'un œil. Le seul qu'il lui reste à vrai dire... Le soleil est puissant. C'est avec force qu'il accueille ce nouvel arrivant. Il lui souhaite la bientôt sans pour autant lui laisser entrevoir le moins mètre devant lui. Devant lui. Du bois. Le visage baissé, il avance en suivant les visiteurs apparemment habitués à marcher sur ces lattes de bois toutes reliées entre elles, pour supporter les Omégas qui semblent vouloir marcher sur l'eau. De l'eau. L'arrivée se fait dans une ambiance salée. Les embruns, le vent. Plus il s'avance et plus Yemon apprend les odeurs et sensations d'un décor bleuté. Quand le Démi s’aventure toujours plus loin, il lui semble que peut importe où il aille, il n'y ai que de l'eau. Et pas que des petits bassins ridicules comme dans les parcs et jardins d'Hanami. Non. Tout est sur de l'eau. Les maisons, les chemins... tout n'est que bois humides et atmosphère de vacances. Tout le monde y est souriant même si certains bascules sur les rambardes sous l'effet du vent menaçant. Le touriste s'engage dans une rue, penché comme un vieillard, cherchant à lutter contre le vent qui venait de se lever. Il allait arriver à la maison... vivant au moins ? Tant que des branchies n'allait pas lui pousser dans le cou... Yemon avait déjà du mal avec son pouvoir alors si en plus il avait le pouvoir de devenir un poisson... il allait définitivement devenir fou. D'ailleurs son pouvoir parlons-en. Oui, sa vue s'était déjà manifestée depuis son arrivée. Une fois. Pendant qu'il marchait sur le principal ponton d'entrée aux bâtisses impressionnantes. Un coup de fatigue, il s'était adossé à la rambarde et avait regardé un instant la mer. Son œil était allé plus loin. Pour y voir... rien que de l'eau encore. Ah non, oui, c'est vrai... un oiseau. Mais c'était tout. Chess avait eu un rictus. Quel idiote cette vue. Elle avait que ça à faire de lui faire voir qu'il n'y a, effectivement, rien de plus que de l'eau. Tout ça l'exaspérait.

C'est donc légèrement grognon qu'il arriva devant la bâtisse du dénommé Ismaël. Pas plus costaud que la sienne. Une vie aussi bancale ? Ca allait être intéressant. Une maison toute aussi perdue dans un centre-ville qui tenait pourtant bien debout. Notre héros de roman. Ouai, il doit avouer que ça l'avait impressionné quand il était arrivé. Un sacré centre actif pour une ville qui flotte sur l'eau et manque à tout moment de finir engloutie par les flots. Chess frappe. Chess attend. Comme tout étranger qui s'incruste dans la vie d'un nouvel individu. La porte s'ouvre. L'entraîneur du Demin n'attends même pas qu'on lui parle et prend le pas :

▬ Bonjour. Je viens chercher Israel.

Rancunier, le vieux garnement tenait absolument à narguer dès son arrivée. Une certaine marque de fabrique et une manière de montrer qu'il maitrisait parfaitement la situation... et n'autorisait pas longtemps les erreurs de parcours. Même une lettre dans un prénom. De toute façon, qui comprendrait la notion. Peu de gens étudiait l'ancienne terre, la Genesis initiale. Yemon avait, grâce à sa passion de l'histoire, avait pu accéder à quelques brides de celle de ce lieu où personne ne souhaite plus y poser les pieds. Une passion pour l'Histoire. Et cet inconnu qui avait une passion pour la descente aux enfers. Il lui avait demandé si le borgne était compétent pour devenir un professeur. Aucune réponse à apporter. Yemon ne savait pas.

Et toi Ismaël, arriveras-tu à descendre sur cette terre désertée où espoir et désespoir s'entremêlent ?




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DENIM



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Lun 26 Oct - 14:16


C'était dans cette charmante ville nommée Flow, qu'habitait le jeune écrivain libraire. Le vent, ici, vous caressait agréablement la joue, tout en remuant les vagues de la mer, qui faisaient lentement grincer, craquer et bouger les planches de bois qui servaient de passage entre les ruelles tandis que les mouettes chantaient dans le ciel. Des légendes urbaines disent que certaines personnes étaient déjà tombées à l'eau à cause d'un souffle de vent plus intense que les autres, et que si cela vous arrivait, un malheur viendrait bientôt à vous. Si c'était véridique ou non, le jeune rêveur n'avait pas essayé de le vérifier, et si cela devait arriver, ce serait tout simplement une pure maladresse qui le ferait tomber à l'eau. Il était comme ça. A Flow, il faisait souvent beau, bien que l'humidité, parfois, donnait souvent des épis sur les cheveux blonds d'Ismaël, ce qu'il n'appréciait pas, mais ce n'était guère pire que dans sa ville natale, où la neige qui y fondait constamment, combinée à la fraîcheur de l'atmosphère, faisait des ravages. C'était aussi en partie pour cette raison que le jeune homme avait quitté cette ville glaciale, raison qui avait provoqué l'incompréhension suivie de facepalms multiples de la part de ses parents. Il faisait tellement attention à son apparence que ça tournait souvent à l'obsessionnel.

Aujourd'hui, c'était un doux jour de congé pour Ismaël, jour où il pourrait, quand il le voulait et si il le voulait, et ô qu'il le souhaitait, paresser à sa guise, errer dans les rues en bois de sa ville de résidence, ou même, ne pas sortir de chez lui, dormir une bonne partie de la journée, et peut-être, s'il en avait envie, écrire. Ismaël, il n'était pas une personne difficile à combler de bonheur, et peu de choses l'embêtaient réellement, bien que parfois, il pouvait faire preuve d'impatience. Mais sa vie, globalement, était comme celle d'un chat, toute simple, sans trop d'embûches sur sa route, puisque de toute manière, les gens se décourageaient vite face à sa totale absence de présence dans la réalité, en général. Mais trêves de narration omnisciente, racontons donc cette journée bien différente des autres, bien plus rythmée, dont nous ne connaissons pas encore l'issue puisqu'elle est actuellement en train de se dérouler devant nos yeux.

Comme nous le disions plus tôt, aujourd'hui, c'était un jour de congé pour l'illusionniste perdu dans ses illusions. Allongé dans son lit, il dormait à poings fermés, rêvant de tout, et surtout de n'importe quoi. Ses rêves étaient à l'image de son caractère, assez étranges et subtils, donc nous ne les décrirons pas ici, au risque de vous perdre. L'heure était aux alentours de quatorze heures, heure où tous le monde avait fini sa pause de midi, et recommencer à bosser, selon les coutumes. C'était également l'heure où quelqu'un frappa -chose assez inhabituelle- à la porte d'entrée du jeune homme, complètement perdu dans ses songes. Un quart d'heure passèrent. Puis une demi-heure, avant qu'Ismaël se réveille en sursaut en entendant enfin tambouriner à sa porte. Très surpris et l'esprit embrumé, il enfila sa robe de chambre et alla ouvrir.

-Bonjour. Je viens chercher Israel.

Il eut un léger temps d'arrêt, tandis qu'il dévisageait l'homme avec incompréhension et curiosité. Sa tête lui disait quelque chose. Mais...

-Israel ? Je crois que vous vous trompez d'adresse, je ne connais personne à ce nom. Navré...

Ismaël bailla en s'étirant comme un chat. Non, vraiment, il avait beau chercher dans ses souvenirs, il ne voyait pas du tout de qui il voulait parler. Le pire, c'était que le jeune illusionniste était sérieux, n'ayant pas reconnu l'homme à la trentaine devant lui, et n'ayant encore moins saisi la mini vengeance de l'inconnu, qui finalement n'en était pas vraiment un. Le blondinet s'excusa encore puis lui ferma la porte au nez, avec l'intention d'aller se recoucher. C'était sans compter, encore une fois, l'intervention salvatrice de son illusion perpétuelle, Petite Braise, qui, il fallait croire, lui faisait office de conscience ainsi que de mémo par la même occasion, plus terre à terre que son créateur lui-même.

-T'es sûr que tu ne l'as pas vu quelque part, lui ?
-... Peut-être, il me dit quelque chose... Mais je n'arrive pas à restituer le souvenir...
-Isma'... Un jour, ton côté tête en l'air te perdra... Si je te dis Denim et entraînement ?

L'illusionniste se gratta la tête en fixant son illusion.

-Un Denim avec un cache oeil... Comme un pirate. Mais je ne connais pas de pirate Denim, non ?
-Un pirate ? Et puis quoi encore... Si tu traînais avec ce genre de personnes, je pense que tu serais mort à l'heure qu'il est, vu leur réputation. Puis je doute qu'il y ait des pirates officiellement Denims. Bon, puisque les indices ne suffisent plus... Son nom, je crois que c'est... Lemon. Lemon Iga. Ton mentor. Tu sais, celui qui t'as claqué la porte au nez il n'y a pas longtemps, dans cette ville constituée de créatures en papier.
-Ah oui, effectivement, maintenant que tu le dis... Je vais voir s'il est encore là...
-Allez, dépêche-toi, avant qu'il ne s'en aille !

Le jeune homme, quand même un peu soucieux d'avoir vexé l'homme, mais tenant également à s'assurer que Petite Braise et lui ne se trompaient pas, fit demi tour et ouvrit la porte, pour faire de nouveau face à son potentiel instructeur. Il adressa un petit sourire poli à celui qui lui faisait face et ouvrit la parole, faisant un geste désignant l'intérieur de son appartement au où une bataille de feuilles de papier griffonnés faisait rage sur le sol, ainsi que sur le mobilier. Tout ça agrémenté d'objets divers, comme des stylos sur le tapis écrasé par une petite table basse en bois près de la fenêtre au milieu de deux petits fauteuils simples, des petits dessins, des peaux de clémentines, et autres babioles de toutes sortes. Enfin, on pouvait constater avec évidence que si l'excentrique avait beau faire une obsession sur le soin de son apparence, ce n'était pas le cas pour l'endroit où il logeait.

-Je suis vraiment désolé, monsieur... Lemon Iga... c'est ça ? Entrez, que je vous fasse un thé, pendant que vous m'expliquez comment on devient un bon Denim.

L'illusionniste le laissa passer le seuil de sa porte donnant sur un petit corridor, en profitant pour chasser quelques feuilles de papier échouées sur les deux fauteuils, qui s'envolèrent un peu plus loin (pas les fauteuils, les feuilles /pan) dans le salon pour atterrir sur le parquet. Il alla ouvrir la fenêtre, qui laissa passer un air frais marin très agréable, puis alla préparer de l'eau bouillante. Il sortit un sachet de thé dit "anglais" pour lui-même, et se tourna vers son hôte pour lui demander paisiblement, se souvenant qu'il ne voudrait peut-être pas forcément boire du thé. Ou quoique ce soit, en fait.

-Vous voulez boire quelque chose ?

Il se souvint aussi qu'il était toujours en peignoir, en baillant encore et toujours, rêveur.


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DENIM



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Dim 21 Fév - 12:28

« On peut tromper

sa faim avec une

tasse de thé »


Aucune considération. Rien de plus qu'une porte fermée. Devant lui. Elle se dressait alors qu'elle n'avait plus rien à faire là, tel un hibou prétendant être un obstacle. Le mur de bois semblait rire. Oh oui Yemon l'entendait se moquer de cet homme qui semblait être venu ici pour rien. Le borgne détestait être considéré comme un touriste qui s'était trompé de chemin. Et voilà que l'homme qui était venu le chercher ne voulait pas le voir. Ce n'était pas lui qui avait poiroté puis envoyé courageusement une lettre ? Oui parce que derrière, les « grands boss » contactaient le blond pour lui demander s'il avait, à tout hasard bien sûr, reçu des lettres, des appels, des konck knock à la porte... Non mais, notre Denim pouvait-il enfin avoir une vie ? Déjà qu'en être un vous l'effaçait sur Génesis... alors au moins sur Esquisse, Yemon espérait avoir la paix. Il avait espéré ça hier, il avait cru ça aujourd'hui et il priera encore demain.

Et bien ce serait pas encore pour demain apparemment. Il attendait. Là, devant cette porte. Quand enfin elle s’ouvrit, il cru qu'une année était passée. Le temps avait prit... son temps. Heureusement qu'un sourire... gêné... -j'ai un doute, mais c'est pas la question- s'affichait sur le visage de son futur élève. Ça gommait une partie de la fureur qui bouillonnait dans le corps du Dénim dépressif. Si les malentendus entre les deux hommes continuaient comme ça, l'apprentissage et l'aventure n'allait pas être une partie de plaisir. Sauf peut être pour le nom. Ca lui évitera d'être arrêté si Ismael donne son nouveau non. Lemon. Encore. Sérieusement. C'était quoi que cette manie de toujours l'appeler ainsi ? Un affreux lapsus ? Il n'en avait aucune idée. Il ne savait même pas d'où ça venait, ce que ça voulait dire ou quel sous entendu il faudrait peut être comprendre. Mais Yemon resta de marbre -au moins pour l'instant, c'était pas dit qu'il n'allait pas exploser au prochain surnom- et se contenta d'un fin soupire du bout des lèvres. Soit. Il n'était pas là pour ça.

On lui demande ce qu'il veut boire. Non. Il est énervé qu'on lui ai fermé la porte au nez pour une histoire de lettre. Mais il est poli. Mais il connait les règles. Alors le borgne se contente de faire un effort pour regarder ce que tenait son hôte en carton et demanda la même chose. Ouai un thé, c'est pas mal en fait. Maintenant le blond avait envie d'un bon thé... C'est qu'il a un palet sélectif notre aventurier. Il se dirigea vers la fenêtre et laissa son regard retracer le chemin de sa venue. L'inconnu à ce monde était en train de se souvenir d'un visage. Ou d'une odeur. C'est sans doute plus exact. Un visage à odeur. Une odeur de fruits du verge. Une odeur de pomme et poires du jardin que préparait sa mère quand la sienne lui ramenait des cageots de fruits de son jardin ridicule. Comme quoi on peut avoir un sacré rendement même sur une terre naze. Mais il avait autre chose à faire qu'être nostalgique là, le nouveau professeur de Denims. Le voilà qui se retourne donc vers son élève et siffla entre ses dents :

« Si tu crois que je peux t'apprendre à être un bon Denim, tu te mets le doigt... dans la narine de ton choix. »

Oui. Il fallait qu'il reste poli s'il ne voulait pas perdre une occasion de ne pas descendre en bas. Il fallait être sage, il fallait être zen. Alors, même faux, un sourire finit par s'afficher dans des coins de sa bouche. Un sourire taquin qui espérait détendre l'atmosphère pesante provoquée par l'énervement du plus vieux... et sans doute du peignoir. Détail insignifiant au milieu de toute cette maison en bazar, mais tellement gênant pour un invité qui avait eu la peine de venir jusqu'ici en se posant une centaine de question sur sa manière de se fringuer. Heureusement pour lui que Yemon était un vieux loup de mer et bien loin de tenir une feuille de note dans son crâne. Il examinait mais ne prenait pas la peine de choisir une note pour ce qu'il voyait. Toute façon il avait jamais trop aimer les prof's. Être bordélique n'influe en rien sur la possibilité de devenir un bon Denim. Sauf s'il mélange aussi les minerais et biens que ses patrons vont lui demander de ramener... Saleté de chefs aux airs supérieurs. Un jour il les aura. Un jour il mettra aussi fin à leurs vies. Mais ça, c'est un secret. Mais ça, c'est une autre histoire.

Non mais il croyait pas ce gosse à moitié nu ? Qu'il allait devenir un bon chercheur de minerai en enfer... en un claquement de doigt ? Denim était ni un métier ni du volontariat. C'était. On ne peut même pas nommer cette action de descendre risquer sa vie dans un monde où tout le monde te déteste parce que tu es de ceux qui les ont réduis à vivre ainsi. Yemon frisonna quand un morceau de souvenir lui vient en tête. Ah non. Il n'allait pas paniquer en plein jour. Alors il prétexta que l'air marin était trop frais pour lui et referma la fenêtre. Voyant comme les feuilles retombèrent tranquillement sur le sol, c'était sans doute pas plus mal. C'était quoi exactement ce bordel ? Yemon jeta un rapide coup d'oeil puis se ravisa. C'était pas ses affaires. Il était bien éduqué le suicidaire. Pourtant Yemon était bien assez sans gènes pour s'asseoir sur un fauteuil alors qu'on lui avait rien proposé. Plutôt confortable d'ailleurs. En tout cas certainement plus que ceux du transport en commun que le suicidaire venait de prendre pour arriver à Flow. Il en profite pour mater le cul du jeunot qui prépare son thé. Pourquoi un gamin comme ça s'acharnait tellement pour descendre, alors que tous ses enseignants considèrent que c'est un bon à rien. Pour proposer à un vieux Denim de devenir prof... et pour l'autoriser à ne pas descendre un moment... fallait vraiment être désespéré. Mais un jeune comme ça quoi -en tout cas Yemon trouve qu'il est jeune- qui avait de la persévérance pour descendre aux enfers ? C'était louche. Cela le tracassait tellement qu'il posa la question direct. Pourtant il s'était promis de ne la poser qu'après un moment d'échange « doux » avant. Tant pis. Le borgne était quelqu'un d'honnête et de droit. Tant pis pour les pincettes. Au final, c'est peut être pas plus mal de boire du thé...

« Pourquoi tu veux descendre à ce point là ? Doit bien avoir une raison.. » souffle doucement le Denim, comme s'il ne voulait pas que quelqu'un d'autre entende. Oui c'est sûr, c'est obligé, il doit y avoir une anguille quelque part.

Peut être que le professeur débutant allait trouver un but à son apprentissage avec la réponse du prochain Dénim -quoi que Yemon voudrait qu'il le devienne pas- et parvenir à le convaincre d'un autre destin... En tout cas, il priait pour que sa nouvelle rencontre ne soit pas dans la même situation que lui. Qu'il ne soit pas un esclave de ceux d'en haut. Que c'était bien un choix personnel. Et un choix profond. Parce qu'il fallait s'accrocher à ses volontés pour vivre heureux avec cette pression, sur terre. Celle qui te broie les tripes tellement tu te sens nul. C'est ça, pourri. Alors si tu n'as qu'une corde pour t'accrocher, elle cèdera sous les coups.

Un conseil, Ismael, court et ne t'arrête jamais. Change de chemin et ne revient pas sur tes pas. Choisis une autre vie et vis heureux.



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L'élève dépassera le maître... ou pas [With Lemon ~]
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